Culture, Musique

Le hip hop donne le micro aux femmes

Le hip hop, ce monde masculin… Mardi soir et mercredi après-midi, à l’occasion de la semaine du hip hop à Montréal, une table ronde ainsi qu’un workshop étaient organisés pour montrer que les femmes aussi sont présentes dans cette culture. Les références incontournables comme Queen Latifah, le rôle des femmes mais aussi leur hyper sexualisation, ont été abordés sans pudeur.

La salle était bien remplie pour cette table ronde autour du féminisme dans le hip hop

La salle était bien remplie pour cette table ronde autour du féminisme dans le hip hop

Mardi soir, à l’Université McGill, les reines du hip hop montréalais (mais pas que) s’installent face à la foule venue assister à cette table ronde. Le thème: « Le rôle des femmes dans le hip hop féministe ». « Le fait de se montrer, de chanter, c’est déjà un acte féministe », affirment en cœur Nantali du groupe Nomadic Massive et Magassy de Strange Froots. « On a des choses à dire », poursuivent-elle. Pour autant, elles ne veulent pas que l’étiquette « féministe » leur colle à la peau. « Souvent, on dit que les féministes s’opposent aux hommes, ce n’est pas vrai, on veut que tout le monde soit au même niveau, c’est tout ». Et c’est par le biais de la musique que le message est sensé passer: « On est pas des femC, on est avant tout des MC », martèlent-elles. Et toutes n’ont pas la même façon de le faire. Durant cette table ronde, différents noms sortent: Missy Eliott, Lil’Kim, Lauryn Hill, Nicky Minaj. Toutes représentent le hip hop à leur façon. A cette dernière, Nantali affirme: « Elle a donné un espace créatif au hip hop, tout ce qu’elle fait, j’approuve ». Marshia Celina, toujours avec humour est plus crue: « Women have been shat on since genesis. Can’t even eat a damn apple in peace!!! ».

Mais il est important de noter que le hip hop féministe se différencie du féminisme traditionnel. C’est une façon de penser et de vivre qui est fondée sur différentes expériences vécues, contrairement au féminisme du mouvement de libération des femmes, qui était un mouvement essentiellement blanc. Queen Latifah, incarne par exemple et véhicule le féminisme, mais elle ne s’identifiaient pas comme une féministe, car ce dernier était considéré comme trop blanc et trop hostile aux hommes noirs. L’occasion aussi de lancer un appel: « Les jeunes femmes ne réalisent pas encore à quel point elles sont marginalisées dans notre société », affirme Nantali.

Elles sont d’ailleurs un petit groupe, a participer au workshop du lendemain. Vidéos à l’appui, débats, réflexion, les sujets sont parfois proches de la philosophie: « Quel est notre rôle dans l’industrie du hip hop? », « Comment consomme-t-on le hip hop? » etc. Un sujet de conversation qui « peut durer des jours et des jours », a lancé avec humour la jeune étudiante qui a mené le workshop.

Nantali de Nomadic Massive

Nantali de Nomadic Massive

 

Magassy de Strange Froots

Magassy de Strange Froots

 

Marshia Celina

Marshia Celina

 

Workshop sur le hip hop féministe

Workshop sur le hip hop féministe

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1 Commentaire

  1. Where is my F******* umbrella? | Munster et Poutine

    20 mars 2015 at 18:21

    […] en anglais, jusque là, pas de problème. Mais lorsque j’assiste à une table ronde sur le féminisme dans le hip hop où les protagonistes sont des chanteuses montréalaises ou américaines, ça se corse. JE NE […]

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