Entrevue

Entrevue : Rara Soley, finaliste des Syli d’Or 2014!

Le 22 juin 2013, lors du passage de l’équipe nationale d’Haïti de soccer au Stade Olympique de Montréal et de leur victoire écrasante de 2-0 contre l’Impact de Montréal, je suis entrée dans une euphorie sans pareille!
Je vous explique.

La famille musicale racine, Rara Soley, était sur les lieux à exprimer sa joie à coups de trompette, de tambours; elle a littéralement explosé la rue Sherbrooke.
La bombe utilisée: le rara.

Depuis, je la suit dès que je peux, partout où elle passe cette famille, depuis les montagnes du Mont-Royal lors des fameux « dimanches tam-tam » jusqu’au Syli d’Or, concours produit par les Productions Nuits d’Afrique et d’où les votes viennent du public.
Rara Soley se rend en final ce jeudi, le 1er mai 2014, soit demain à partir de 20h30, et chers lecteurs assidus de Lounge Urbain, je vous invite vivement à venir prendre part à cette expérience hautement multisensorielle.

D’abord et avant tout, je tenais à vous faire part d’un entretien que j’ai eu avec les femmes de la famille musicale, tandis que les musiciens pratiquaient question de réchauffer l’audience jeudi, sur la scène du Cabaret du Mile-End.

J.S- Mes félicitations à tous! Vous vous êtes gracieusement rendus en final des Syli d’Or, concours où les votes venaient directement du public. Alors justement pour cette partie du public qui ne vous connaît pas, pouvez-vous me dire qu’est-ce que Rara Soley?

Rara Soley- Le rara est une musique traditionnelle, une musique qui vient toucher ton âme, qui t’apporte une espèce de détente qui va jusqu’à l’extase et qui t’emmène vers la libération quoi!

Lorsqu’il s’agit de Rara Soley, c’est d’abord une famille.
C’est d’abord une famille musicale, une famille qui a décidé d’utiliser la musique traditionnelle dans le but de faire la promotion de la culture haïtienne.

J.S- Magnifique!

Rara Soley- Elle puise, le rara puise son inspiration du vaudou, qui est justement cette forme de spiritualité ancestrale et c’est de là qu’on puise toute notre inspiration. Le rara est comme un don qu’on a reçu de forces spirituelles. Nous sommes conscients et conscientes que nous sommes des canaux de transmission de quelque chose donc c’est pour cela que dès qu’on reçoit un message, et bien on s’applique à mettre ce message en exécution, en pratique.

J.S- Et lorsque tu parles de message là, ça vient justement du vaudou, cette forme de spiritualité ancestrale…

Rara Soley- Ça vient de nos esprits.

J.S- D’accord.

Rara Soley- Ça vient de nos esprits.

J.S- Personnellement, je sais que Hollywood, par l’entremise de stéréotypes bizarres, a détruit le vaudou…

Rara Soley- Ils ont pensé pouvoir…

J.S- Oh oui tu as raison pardon…

Rara Soley- Ils ont pensé pouvoir détruire le vaudou. Il faut faire attention aux mots.

J.S- Oui tout à fait. Ce qui m’emmène à vous demander, comment faire pour que les gens n’aient plus cette crainte face au vaudou, via Rara Soley?

Rara Soley- Moi je dis qu’ils ont qu’à venir nous voir, nous voir évoluer sur scène. Voir cette grande joie de vivre qu’on transmet quand on est sur scène.

Tu sais, le vaudou ne peut et ne pourrait pas être cette chose maléfique que justement Hollywood s’est évertué à faire paraître. Le vaudou, c’est une force de spiritualité positive, ancestrale avec un respect fondamental de la nature, un respect des êtres, un respect des astres, un respect des éléments… Alors c’est ça le vaudou, vaudou est prière, vaudou est guinen. Quand on est vaudou, on est guinen et un guinen c’est un état. Le vaudou n’est pas une religion.

Les trois femmes à l’unisson- Le vaudou est un mode de vie! -et le guinen c’est le fait que on est en harmonie avec ce qu’on pense, ce qu’on dit et ce qu’on fait alors c’est un état à atteindre parce que ce n’est pas quelque chose de facile. C’est pour cela que dans le vaudou, quand on dit franc guinen, ça veut dire que t’es franc. T’es franc dans tout ce que tu fais. Ce que tu fais en avant, c’est ce que tu fais en arrière. Ce n’est pas facile non plus parce qu’on a été éduqué à être hypocrite, bien élevé, tu comprends…

Être vaudou, c’est de dire non à une certaine façon d’être et oui, à une certaine façon d’être. C’est pour cela que Rara Soley a comme mission d’être un modèle, surtout pour les jeunes.

J.S- QUELLE EXPÉRIENCE VOUS ALLEZ FAIRE VIVRE AU PUBLIC QUI VA VENIR VOUS SUPPORTER LE 1er MAI, AU CABARET DU MILE-END?

***Dialogue entre les membres de Rara Soley***

-Une expérience libératrice, de reconnection avec son identité qui va emmener un sentiment de fierté d’être et emmener la lumière.

-Une vraie thérapie.

-Quand tu dis reconnecter, tu veux dire pour les gens qui sont Haïtiens?

-Bien avec tout le monde. C’est pas juste avec les Haïtiens. C’est reconnecter avec la force, avec la nature…

-C’est ça! Ça va plus loin que « Haïtiens » là…

-Oui! C’est d’être fiers de tes racines peut importe d’où tu viens. C’est la connection qu’on a avec la Terre, d’être en harmonie avec l’énergie.

-La musique va évoluer éventuellement mais les rythmes qu’on est en train de jouer, tous ces rythmes là en fait, c’est pas des rythmes millénaires, c’est des rythmes qui existent depuis des millions et des millions d’années, depuis que la culture existe en fait, et c’est pour cette raison-là que c’est assez puissant tu vois…
Donc à partir de ces rythmes là, on arrive finalement à transmettre les mémoires.

-Ce sont ces rythmes qui ont aidé les esclaves à se libérer. C’est pour cela qu’après, même si qu’on a dansé sur ces rythmes toute la nuit, lorsque tu vas travailler le lendemain matin, tu as de l’énergie, tu es ressourcé, tu as fait ton plein d’énergie et ce, que tu sois Haïtien ou pas.
C’est ça l’effet de cette musique!

-Donc jeudi le 1er mai…

-JEUDI LE 1er MAI 20h30 TAPANT!
C’est important que les gens soient là pour cette heure question de voir les trois groupes, Oktopus, qui célèbre la musique de l’Europe de l’Est, Alayé, du Brésil et nous Rara Soley, autrement ils ne pourront pas voter.

-Pour conclure, le fait d’être finalistes, nous sommes déjà gagnants.

(Rires)

Ayibobo!

La Finale des 8e Syli d’Or au Cabaret du Mile-End, jeudi le 1er mai 2014, à 20h30 (portes 19h30). Entrée 5$ (plus frais de service).

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